Vivre avec des blocages

5 mars 2019

Le collège ne s’est pas bien passé, le lycée lui, il y a eu des hauts et beaucoup de bas. C’est d’ailleurs au lycée que j’ai eu mes premières migraines et je pense que ce n’est pas pour rien. Depuis je traîne des blocages.

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La cause des blocages

Vivre avec des blocages

C’est un sujet qui est un peu à la “mode” en ce moment. Si on peut dire ça comme ça. Mais beaucoup en parlent de plus en plus et c’est très important. En parler perce le tabou et j’espère, permet d’éviter à certains jeunes de vivre un véritable enfer pendant leur scolarité.

Moi la première je n’osais pas en parler. J’avais la trouille et honte. Au début je pensais que ça passerait vite ces moqueries de certains. Sauf que un + un + un. Ça commence à faire beaucoup. Puis d’autres qui comprennent que tu es faible s’en prennent à toi aussi. Te prennent dans des recoins, dans la cours,  te bousculent, te poussent, te menacent un peu. Si tu parles ça sera pire.

Tu te fais pousser dans les couloirs. Parfois même dans les escaliers. Un jour j’ai cru tombé, j’ai eu peur. J’avais la rampe dans les côtes. J’ai regardé le sol en bas puis une âme charitable, que je n’avais encore jamais vu, m’a tiré par le sac. J’étais tellement choqué que je ne l’ai pas remercié.

On rigole de toi, dans ton dos ou carrément en face de toi. On me dit d’arrêter de handball parce que je suis nulle, que je ne sais pas jouer. J’ai arrêté le handball.

Alors je me cachais dans les toilettes, pour pleurer parfois ou pour que le temps passe. Et pourtant elles étaient dégueulasse.

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Vivre avec des blocages

Vivre avec des blocages

Après ça, j’ai eu énormément de mal à me faire des amis car je n’avais aucune confiance en l’amitié. Et c’est toujours plus ou moins le cas.

Depuis le temps, j’ai appris à vivre avec ça. Ça a été long à “guérir” mais maintenant j’assume ça personnellement. Je n’ai plus honte de l’avoir vécu. Ça fait partie de qui je suis. C’est comme ça.

La partie la plus compliqué et que j’appréhendais énormément c’est le passage en couple, le moment où il faudrait en parler. Expliquer. Expliquer pourquoi moi je n’ai pas un groupe de 35 potes comme lui, pourquoi je ne fais pas la fête et je n’aime pas ça. Pourquoi je n’aime pas les soirées avec des gens alcoolisés.

Le plus bizarre, c’est expliquer que ma vie comme ça, elle me convient. Que je suis bien ainsi.

Par contre. Entre expliquer et faire comprendre que je ne peux pas (veux pas?) surmonter les blocages c’est une tout autre histoire. Parfois c’est même indescriptible comme sentiment. Je suis comme bloqué par la trouille. Ré-affronter une meute de gens, peur que tout ça recommence. C’est impossible. Je ne peux pas.

Je ne supporte pas les grands rassemblements, je suis horriblement mal à l’aise en groupe. Déjà parce que j’en ai ras le bol qu’on ne m’accepte pas comme je suis. “Différente” car je ne bois pas / fume pas / me drogue pas / ne sors pas. Et que l’on me juge.

˜

Je pense que finalement, depuis que j’ai terminé le collège, j’avais enfin réussi à sortir de cet enfer de moqueries, de jugements, de méchanceté. (J’avais d’ailleurs assez radicalement coupé les ponts avec tout le monde très rapidement) que je ne veux juste plus jamais recommencer.

Ça a nécessité beaucoup de discussions, dès le début de notre relation, ce qui n’était simple mais obligatoire. J’avais peur de sa réaction, j’étais prête à tout arrêter si c’était trop pour lui. Mais mon chéri s’est montré très à l’écoute et très compréhensif. Même si je pense qu’il ne ‘peut’ pas TOUT comprendre, il ne m’a pas jugé (enfin j’espère pas haha), il m’a écouté et comprise, c’était le plus important et ça fait du bien.

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31 réponses à “Vivre avec des blocages”

  1. Wahouw, tu as vécu une mauvaise période, d’autant plus que les ados ne sont pas tendres entre eux. Tu as beaucoup de courage d’avoir surmonté tout ça. Ce n’est pas facile d’accorder de nouveau sa confiance à quelqu’un mais tu as bien fait avec ton chéri… Tu dois te sentir soulagée d’avoir réussi à lui raconter ton histoire.

    A très vite !

  2. Fanny dit :

    Tré joli article !
    Oui en effet c’est pas toujours facile. Je suis passée par là également et, depuis, je n’ai plus trop confiance en l’amitié. Pour moi ça finit toujours en moqueries ou autres trucs du genre. Je comprends vraiment ton point de vue, ça laisse vraiment des séquelles, de mon coté, je n’ai jamais confiance en moi, et je même si l’on m’adresse un compliment, j’ai tendance a être parano et à me demander si la personne ne l’a pas dit de manière ironique ou si ce n’est pas finalement pour me rouler dans la farine plus tard…. Je ne suis jamais à l’aise en public et je suis toujours sur mes gardes. Et comme toi, la pire epreuve c’est de devoir affronter des gens, lorsque je sais que je vais devoir aller a une fete ou rencontrer des nouvelles personnes, je m’en rends malade une semaine auparavant…
    J’essaye de travailler là dessus mais c’est pas toujours facile… Ah si seulement les ados pouvaient se rendre compte des séquelles que ça peut laisser !
    Courage

  3. Nadia dit :

    Ton article est très poignant. Plein de sincérité. Tu ne fais pas la fête, ne bois pas, ne fume pas, ne te drogue pas, naime pas la foule surtout les inconnus. Tu es comme tu es et au moins cette spécificité te protège. Seuls les personnes sincères , qui t’aiment réellement et t’accepte telle que tu es t’entourent . Tu es TOI avec tes peurs et tes blocages . Cest ce qui fait de toi justement une personne unique et exceptionnelle. Cest sûrement ce qu’a compris celui qui partage ta vie !

  4. Orfeline dit :

    Coucou ; j’ai fais une phobie scolaire donc je connais . J’étais forte à l’école ; avec des lunettes et un peu boulotte … la cible toute faites alors j’ai pris des moqueries ; des menaces sur mon nom de famille aussi et même par les profs … Et je crois que c’est bien le pire ; du coup pas d’études pour moi et un arret des écoles à 15 ans ; bon je ne m’en suis pas mal sortie hain ; je suis à mon compte et je le vis bien mais j’ai tellement pleurée ; tellement eut mal toutes ces années … Malheureusement je crois que les soucies dans les écoles ne sont pas prés de s’arrêter . . .

  5. discoveRin dit :

    J’ai l’impression de me lire quand je lis ton article. Je suis exactement comme toi. Les soucis de menaces, jugements et autres méchancetés ont pour ma part commencé au collège, se sont poursuivis au lycée et c’est même allé jusqu’à la fac, jusqu’à me créer une phobie scolaire et m’inciter à finir mes études de master à distance pour ne plus à affronter les gens.

    Je suis comme toi, j’ai peu d’amis mais le peu que j’ai sont géniaux et me suffisent amplement. Je préfère largement une soirée Netflix à la maison ou avec mon PC et de la musique qu’une sortie en boîte. A la limite aller dans un bar et boire un coup tranquille avec les copains pourquoi pas. Mais de temps en temps. Si je sors c’est soirée chill sur des thèmes un peu geek, genre soirées Harry Potter. Sinon je préfère faire les soirées chez moi, avec les copains, à jouer aux jeux vidéo ou de société en petit comité.

    J’ai de graves séquelles de mon passé, mais comme toi j’ai appris à vivre avec. Malheureusement chez moi ça ne s’est pas soldé par des migraines mais une dépression qui me hante quotidiennement. Bref.
    Je n’ai quasiment aucune attache familial hormis mon père, ma belle-mère, mon frère et mes soeurs. Ma mère a fait partie de ceux qui m’ont traînée dans la boue, et ça c’est encore pire.

    Mais tu as de la chance car ton copain te soutient. Le mien aussi, j’ai bien trimé avant de rencontrer quelqu’un qui veuille bien me prendre telle que j’étais. C’est important d’être entourée.
    Alors sois forte, je le serai aussi, et ça devrait aller!

    Bises
    Rin

    • laparenthesedor dit :

      Merci pour ton commentaire, que j’ai finalement retrouvé. Dans les spams, vas savoir pourquoi.
      voilà, il suffit d’être bien entouré 🙂

  6. Makuika dit :

    Je me reconnais tellement en toi et en ce texte…n’hesIte pas a te confier

  7. Nolwenn dit :

    Hello, cet article est très touchant. Pour avoir vécu certaines choses je te comprends. La vie nous en fait baver mais c’est là que l’on se construit et que l’on apprécie les petites choses du quotidien. Je te souhaite tout le meilleur !

  8. Article très intéressant.

  9. Ah ma belle… Tes mots sont terriblement touchants et nos mots peut-être bien inutiles… Et pourtant je t’envoie tout le courage et la bienveillance dont tu aurais eu besoin et a encore besoin maintenant peut-être.

    Et puis bravo, vraiment ♥

  10. Familyherissonleblog dit :

    Du courage tu as eu le monde est devenu cruel de nos jours c’est de la folie ! Et comment dire de mon côté j’ai aussi du mal à me faire des ami(e)s depuis maintenant 2.3 ans a cause de mauvaises personnes mes enfants était dans leurs collimateurs… j’ai un article qui parle de ça ” foyer familial notre rage de vaincre ” .

  11. Cet article est … simplement magnifique. Merci <3

  12. Cyanhydrique dit :

    Merci à toi pour ton courageux témoignage. J’espère qu’avoir posé quelques mots t’auront aidé.

    J’ai moi-même eu de gros soucis à l’école ( et encore aujourd’hui dans le monde des adultes… comme quoi l’humain ne change pas si facilement ), où j’ai subit beaucoup de violence. Je me suis toujours battue pour mon intégrité, mais à la longue c’est terriblement fatiguant, et les autres sont trop nombreux… Alors on s’entoure de peu de personnes pour ne pas sombrer.

  13. Marie Kléber dit :

    L’amour peut tout accueillir.
    Après tant de choses difficiles à vivre c’est bien normal d’avoir des blocages. Ceux-ci se dissiperont doucement avec le temps et beaucoup de bienveillance. Il ne faut rien bousculer et prendre soin de soi.

  14. Rose Capsule dit :

    Je me suis reconnue dans tes mots et c’est vrai que ce n’est pas facile de surmonter tous ces petits obstacles au quotidien après des mauvaises passes comme celles-ci. D’ailleurs ce n’est que maintenant, à 25 ans, que je me rends compte que ces mauvaises périodes n’étaient pas sans conséquence.
    Ce n’est pas franchement facile de l’expliquer aux gens, je fais souvent face à beaucoup de jugements, de “c’est pas normal” ou encore d’incompréhension. On a tous des faiblesses, et si chacun était compréhensif et compatissant envers les autres, je pense qu’il y aurait beaucoup moins de harcèlement (scolaire ou autres d’ailleurs) !
    En tout cas je t’envoie plein de courage et merci pour ce bel article !
    Bisous

  15. Makstyle dit :

    Celui qui a vécu le pire, vivra le meilleure! C’était une mauvaise période mais le plus important que tu as réussit a s’en sortir! Bravo et je suis contente pour toi! Intéressant comme article surtout pour les jeunes lycéens et tout qui passent encore par ces difficultés! Bonne continuation!

  16. Joyful Dreams dit :

    Je comprends ce que tu as vécu, car j’ai vécu la même chose au collège et un peu au lycée aussi. J’ai énormément souffert, ce qui m’a causé des problèmes d’anxiété grave, des envies suicidaires, des troubles alimentaires, de la mutilation et bien d’autres choses encore. Aujourd’hui je vais mieux, mais je ressent toujours les conséquences que ça a eu sur ma vie. Je suis pas entourée d’amis, j’aime la solitude, j’ai peur des autres, j’aime restée chez moi et j’ai horreur de la foule, ce genre de choses. Mon chéri m’a aussi bien comprise et je pense que c’est important d’avoir du soutien 🙂

  17. Justine dit :

    Coucou ! 🙂 Cet article est très touchant. Je ne sais pas si j’ai vécu du harcèlement scolaire, mais ce que je sais, c’est que c’était compliqué avec les autres pour moi aussi, et que des peurs subsistent également aujourd’hui… Je ne sais pas si on DOIT absolument les surmonter. Certains disent que si, parce que l’humain est un être social, qu’il a besoin des autres.. Mais si on a une petite famille, même si ce n’est qu’une ou deux personnes bienveillantes à qui on donne de l’amour et qui nous en donne en retour, peut-être que c’est suffisant… Ne pas être terrifiée, c’est mieux, mais forcément chercher à être en contact avec des amis, je ne sais pas si c’est obligatoire. L’essentiel c’est que maintenant, tu sois heureuse 🙂

    • laparenthesedor dit :

      Je ne pense pas non plus, mais avant de prendre la liberté d’écrire tout ça et d’avoir des retours comme moi, ou des avis, je me sentais comme un ovni à penser comme ça…

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